Pfiou Pfiou à La Scène Parisienne

Il y a des comédies qui cherchent à séduire. Et puis il y a celles qui prennent le risque du débordement. Avec Pfiou Pfiou, Olivier Martinez revendique une ligne de crête : celle d’un rire sans filet, volontiers excessif, parfois dérangeant, toujours jubilatoire.

Une mécanique du chaos parfaitement huilée

Le point de départ tient en une promesse de désordre. En l’espace de vingt-quatre heures, un héritier jet-setteur voit son existence basculer : ruiné par son meilleur ami — accessoirement avocat fiscaliste —, il se retrouve contraint de se marier ou de se pacser pour toucher l’intégralité de l’héritage maternel. S’ensuit un engrenage délirant, nourri de stratagèmes improbables et d’une incursion inattendue de la mafia libanaise. Quiproquos et situations absurdes s’enchaînent alors à un rythme effréné, dans une logique de surenchère assumée.

« Pfiou Pfiou, c’est ma déclaration d’amour aux comédies qui n’ont peur de rien. C’est mon hommage à tous ceux qui ont préféré faire hurler de rire plutôt que d’être pris au sérieux», confie le metteur en scène.

Une troupe en roue libre, pour le meilleur

Sur scène, l’énergie est contagieuse. Maxime Van Laer s’impose avec une aisance comique redoutable dans le rôle de Rachid, déclenchant les rires à chacune de ses apparitions. À ses côtés, la troupe — Olivier Martinez, Jessica Mompiou, Gilbert Diaz, Delphine Saroli — cultive une complicité palpable, parfois au bord de la rupture, comme si le fou rire menaçait à tout instant de faire vaciller la représentation.

© Clément Monnoyeur

Mention particulière également à Laurent de Funès, dont la présence réveille un héritage familier. Par ses mimiques et son expressivité, il convoque en filigrane le souvenir d’un certain Louis de Funès, jusqu’à évoquer, l’espace d’un geste ou d’un regard, les fantaisies burlesques de Fantômas.

Une comédie de boulevard qui assume l’excès

Pfiou Pfiou s’inscrit dans la plus pure tradition du boulevard, tout en la poussant vers une forme d’outrance réjouissante. Ici, tout est « trop » — les situations, les réactions, les rebondissements — et c’est précisément dans cet excès que la pièce trouve sa liberté. Une comédie qui ne cherche pas tant à convaincre qu’à emporter, à faire lâcher prise.

Dans une époque avare en légèreté, ce spectacle apparaît comme une parenthèse salutaire. Un moment de théâtre où l’on accepte volontiers de perdre pied, pour mieux se laisser emporter par le tumulte du rire.

Informations pratiques

📍 La Scène Parisienne — 34 rue Richer, Paris 9e.
⏱ Durée : 1h30.
📅 Jusqu’au 31 mai 2026, avant une tournée.

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